Le Brésil est entré dans le groupe des neuf pays qui, réunis, concentrent 62 % des personnes de plus de 60 ans à l’échelle mondiale. Au total, 17,6 millions de Brésiliens (9,7 % de la population) se trouvent dans cette tranche d’âge, selon une étude publiée par l’Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE) en avril dernier. Les huit autres membres de ce groupe sont, dans l’ordre, la Chine, l’Inde, les Etats-Unis, le Japon, la Russie, l’Allemagne, l’Italie et la France.
L’indice de vieillissement du Brésil est passé de 0,11 au début des années 1980 à 0,25 en 2004. Plus concrètement, pour 100 jeunes de 15 ans ou moins, le Brésil compte 25 personnes de plus de 60 ans. A titre de comparaison, en Italie et au Japon – qui sont considérés comme de “vieux” pays –, l’indice de vieillissement est supérieur à 1,40. “A ce rythme, avant 2050 nous serons comme ces pays [dans lesquels la population est vieille]. L’Allemagne et la France ont mis un siècle pour atteindre notre niveau”, indique le président de l’IBGE, Eduardo Pereira Nunes.
Le vieillissement s’explique par deux phénomènes : la chute du taux de fécondité et la baisse du taux de mortalité brut. Entre 1991 et 2004, au Brésil, le taux de décès annuel est passé de 6,8 % à 6,3 %. Et le taux de fécondité a baissé de 2,9 à 2,1 enfants par femme.
Les facteurs socioéconomiques entrent en ligne de compte : 73,1 % des plus de 60 ans vivent dans des familles dont le revenu mensuel par personne est au moins le double du salaire minimum. Et la répartition géographique est tout aussi inégale : dans les Etats de la région du Nord [une des plus pauvres], l’indice de vieillissement reste compris entre 0,07 et 0,18, soit beaucoup moins que dans les régions du Sudeste et du Sul. Le record revient à Rio, dont l’indice de vieillissement est de 0,43.

O Estado de São Paulo paru dans Courrier international de septembre 2006

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