L'écrivain brésilien Paulo Coelho célèbre vendredi son 60e anniversaire.

Connu dans le monde entier, il a vu paraître ses œuvres en 66 langues, tirées à plus de 92 millions d'exemplaires. Cependant, comme cela est souvent le cas, l'homme de lettres reconnu dont les livres se vendent très bien à travers le monde n'est pas approuvé sans réserve dans son pays natal.

"Je vois que vous vous intéressez à Coelho. Vous devez être un étranger", voilà une réplique très caractéristique qui reflète parfaitement l'attitude des Brésiliens envers leur compatriote.

Dans cette attitude, il y a notamment de la rancœur due au fait que parmi les personnages des romans de Coelho, il n'y a aucun Brésilien. Il y a encore de la jalousie: effectivement, peu de classiques brésiliens sont connus dans le monde, sauf peut-être Jorge Amado.

Paulo Coelho est également considéré comme un écrivain "purement commercial". "Vendeur de livres" ou encore "roi des best-sellers" sont des désignations souvent utilisées par les personnes se voulant spécialistes de la littérature. Les philologues trouvent pas mal d'erreurs grammaticales dans ses textes originaux en portugais. Dans cette négligence à l'égard de sa langue maternelle, les critiques voient une nouvelle preuve du fait que Coelho vise essentiellement l'auditoire étranger, qui lit ses œuvres en traduction.

Tant que Coelho ne permettra pas à des gens compétents de revoir ses manuscrits, il ne sera pas reconnu comme un grand écrivain au Brésil, estime le philologue Milton Gonçalves, qui a consacré tout un ouvrage à l'étude des œuvres de Coelho.

Quoi qu'il en soit, l'anniversaire de l'écrivain permettra d'attirer l'attention sur son pays natal. Les Brésiliens se vexent souvent en entendant que le nom de leur pays s'associe surtout au football et au carnaval. A présent, ils ont un autre symbole: Paulo Coelho.

Texte écrit par Alexandre Krasnov.

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