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Brésil Ceara Fortaleza

Les Brésiliens doivent choisir: la caïpirinha ou conduire

AFP-7SUR7

Les Brésiliens sont désormais face à un choix difficile entre conduire et boire une caïpirinha, ce cocktail très populaire dans tout le Brésil, depuis qu'une nouvelle loi a institué la "tolérance zéro" pour l'alcool au volant.

 

Entrée en vigueur le 20 juin, la "loi sèche", comme elle est appelée, a abaissé le seuil de tolérance de 0,6 gramme d'alcool par litre de sang à 0 gramme, avec une marge d'erreur admise de 0,2 gramme.

 

Ce qui veut dire en pratique qu'un homme de 70 kg ne peut boire plus d'une chope de bière ou un verre de vin avant de prendre le volant. Et que la caïpirinha, cette boisson forte composée d'alcool de canne à sucre, de citron vert et de sucre, est totalement prohibée.

 

Bars, restaurants et discothèques cherchent maintenant les moyens de s'adapter à la législation en incitant leurs clients un peu éméchés à ne pas prendre le volant.

 

Certains ont inclus des numéros de téléphone de taxis dans leurs menus et un bar, dans l'Etat de Minas Gerais (centre-est), a même installé des hamacs pour permettre à leurs clients de cuver tranquillement leur alcool.

 

Des établissements de luxe à Sao Paulo ont même des employés chargés de reconduire leurs clients chez eux.

 

Le conducteur en faute s'expose à une amende de 957 reais (environ 380 euros) et à un an de suspension de permis. Voire à la prison si le taux d'alcool est supérieur à 0,6 gramme. Un accident mortel provoqué par un conducteur en état d'ébriété est classé comme homicide volontaire.

 

Cette nouvelle sévérité dans un pays qui vénère ses champions automobiles vise à réduire le nombre d'accidents de la route qui font 35.000 morts par an, dont plus de la moitié est attribuée à l'alcool.

 

Depuis l'entrée en vigueur de la loi, les accidents ont déjà baissé de 16%, selon des chiffres officiels.

 

Face aux critiques qui affirment que deux chocolats à la liqueur suffisent à dépasser le seuil de tolérance, le ministre de la Justice Tarso Genro a affirmé que la loi serait appliquée avec "bon sens" par la police.

 

Il a ainsi cité l'exemple d'un prêtre qui "sort de la messe après avoir bu un calice de vin" et qui est arrêté à un contrôle de police. "Il est certain que la police tiendra compte de ses explications", a-t-il affirmé.

Selon les experts, la notion de tolérance zéro est facile à comprendre, plus que de calculer le nombre de verres pouvant être bus avant d'atteindre la limite de 0,6 gramme par litre.

 

Mais les conducteurs alcoolisés peuvent encore espérer échapper pour un temps à la loi en comptant sur le manque d'éthylotests dans ce pays de 190 millions d'habitants. La Police routière fédérale assure que ce n'est pas avant deux ans que ses 2.000 véhicules seront tous équipés d'éthylotests, qui font notamment défaut dans les deux grandes villes du pays, Sao Paulo et Rio de Janeiro.

 

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