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Brésil Ceara Fortaleza

Au Brésil, «loi sèche» pour routes sans alcool

liberation.fr

 

Depuis l’entrée en vigueur, le 20 juin, d’une loi durcissant le code de la route, c’est régime sec pour les automobilistes brésiliens. Ils doivent désormais se contenter de moins d’une demi-canette de bière ou son équivalent en teneur d’alcool pour prendre le volant sans encourir de sanctions. Une canette, et les voilà passibles d’une amende d’environ 400 euros, en plus de se voir confisquer leur permis de conduire pour un an. Au-delà de cette quantité, ils risquent, en sus, jusqu’à trois ans de prison. Et en cas d’accident mortel, le conducteur sera inculpé pour homicide volontaire s’il présente la moindre trace d’alcool.

Cette «loi sèche» vise à réduire l’insécurité routière, qui fait 35 000 morts par an au Brésil. Au départ, le texte déposé par le gouvernement du président Lula (gauche) se contentait d’interdire la vente d’alcool le long des autoroutes fédérales. Les restrictions aux automobilistes ont été insérées par la suite, sur suggestion du député social-chrétien Hugo Leal, de la coalition au pouvoir.

La loi sèche, pourtant l’une des plus draconiennes du genre au monde, est massivement soutenue par les Brésiliens, et notamment ceux qui ont l’habitude de boire hors de chez eux : en deux mois, et bien que son application soit pour l’instant restreinte aux 27 capitales d’Etat - par manque d’effectifs et d’alcootests -, le nombre d’accidents mortels a reculé de 13,6%.

Du coup, ceux qui jugent cette loi trop sévère se font plus discrets. Mais les patrons de bars et de restaurants ont saisi la Cour suprême, affirmant que ses dispositions violent la Constitution selon laquelle nul n’est tenu de produire des preuves contre soi-même, en l’occurrence en se soumettant à l’alcootest.

Cependant, les experts de la sécurité routière rappellent de leur côté que limiter l’alcool au volant ne suffit pas pour faire reculer le nombre d’accidents de la route, dont les causes sont également l’imprudence, la signalisation précaire et le mauvais état des routes et autoroutes brésiliennes.

 

De notre correspondante à São Paulo CHANTAL RAYES

 

http://www.liberation.fr/actualite/monde/351965.FR.php

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