SAO PAULO, 12 sept 2006 (AFP) - Le ministre uruguayen de l'Economie Danilo Astori a défendu mercredi à Sao Paulo la nécessité d'un accord commercial entre son pays et les Etats-Unis, malgré les vives critiques du Brésil et de l'Argentine, ses partenaires au sein du Mercosur.

M. Astori a souligné que "l'Uruguay n'a pas obtenu de bons résultats de son expérience" d'intégration dans le Mercosur et que son pays avait "le droit de rechercher ces résultats dans le cadre d'accords bilatéraux", comme ceux que son gouvernement souhaite conclure avec les Etats-Unis, l'Inde ou la Chine.

Le marché commun sud-américain Mercosur n'autorise pas ses membres (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela) à négocier des accords de libre-échange bilatéraux. C'est le Mercosur qui négocie au nom de ses membres.

Devant l'opposition du Brésil et de l'Argentine à une négociation directe entre l'Uruguay et les Etats-Unis, le président uruguayen Tabaré Vazquez a demandé vendredi à son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, qui exerce la présidence du Mercosur, d'assouplir la position de l'organisation sur les accords bilatéraux.

Les deux chefs d'Etat sont tombés d'accord lors d'une réunion à Canoas (sud du Brésil) pour que d'éventuelles concessions aux Etats-Unis n'affectent pas le tarif douanier extérieur commun du Mercosur frappant les importations de pays tiers. Ce tarif "est le coeur du Mercosur", a reconnu M. Vasquez.

M. Astori a de son côté rappelé lors d'une conférence de presse à Sao Paulo que les Etats-Unis imposaient des droits de douane de 26% sur les importations de viande bovine uruguayenne et que Montevideo voulait pouvoir exporter davantage vers ce marché.

Les deux petits pays membres du Mercosur, Paraguay et Uruguay, se plaignent que leur appartenance à ce bloc commercial ne leur apporte que peu de bénéfices, contrairement au Brésil et à l'Argentine.

"Le bilatéralisme entre l'Argentine et le Brésil est dangereux (pour le Mercosur), l'attitude de l'Argentine à l'égard de l'Uruguay est dangereuse", a estimé M. Astori. Montevideo et Buenos Aires s'affrontent depuis des mois à propos de la construction de deux usines de pâte à papier sur la rive uruguayenne du fleuve Uruguay qui sépare les deux pays.

L'ouverture de négociations avec Washington est toujours en discussions en au sein du parti gouvernemental uruguayen Frente Amplio (FA, gauche), mais M. Astori a estimé que la formation trancherait en faveur de pourparlers.  

 

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