Max Havelaar est devenu un label de commerce équitable international efficace. Mais l'aide apportée aux producteurs par l'organisation n'est pas exempte d'ambiguïté.

Nous le connaissons en France ou aux Pays-Bas sous le nom de Max Havelaar, il s'appelle Fairtrade au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, mais il a partout le même logo. Le label de commerce équitable a fédéré en 1997 sous un même cahier des charges et dans une organisation unique, la FLO, quelque vingt labels nationaux préexistants. Le premier d'entre eux avait été créé aux Pays-Bas, en 1989, sous le nom de Max Havelaar, par le prêtre-ouvrier Francisco Van der Hoff. Aujourd'hui, ce label est international, et reconnu par la moitié des consommateurs français et par près de 80 % des Néerlandais.

La Fairtrade Labelling Organizations (FLO, Organisation de labellisation au commerce équitable), basée à Bonn, est donc devenue l'instance de certification et d'accompagnement des producteurs des pays en développement qui souhaitent pratiquer un commerce plus juste avec les nations industrialisées. Au risque, note le quotidien Le Temps, de Genève, de vouloir faire justice "à tout prix". C'est-à-dire en sacrifiant les règles élémentaires de la rentabilité. "Concept sympathique et généreux, Max Havelaar est une réussite au plan marketing. Mais économiquement parlant, il paraît peu efficace", estime Le Temps.

Ce sont généralement les producteurs qui viennent à la rencontre de la FLO pour obtenir la certification "commerce équitable" et le précieux label apposé sur leurs produits dans les rayons des magasins. Leurs dossiers sont transmis au comité décisionnaire de la FLO. Des informations comme la taille de l'entreprise ou son mode de fonctionnement (démocratique ou pas) sont déterminantes lors de l'examen du dossier. La certification est délivrée après une enquête sur place par les agents de la FLO. Si la certification est accordée, la FLO s'occupe de faire le lien entre les producteurs et les clients importateurs. Sur le papier, la démarche paraît rodée. En réalité, l'obtention du label peut durer des années.

En Afrique de l'Est (une des premières régions à avoir été certifiée pour le café), six ans ont été nécessaires pour faire correspondre la réalité aux critères du label.

En effet, les producteurs doivent s'efforcer de respecter les normes de sécurité, l'interdiction du travail des enfants et s'adapter à un mode de fonctionnement occidental. La difficulté réside parfois simplement dans le respect des délais de fabrication.

Mais la FLO est plus qu'une chambre d'enregistrement, aussi sourcilleuse soit-elle sur le cahier des charges. Elle aide les producteurs volontaires à remplir les critères imposés par le label et assure un suivi attentif avec les clients distributeurs des produits.

Sabine Grandadam et Anna Moreau

 

 

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