SAO PAULO, 16 sept 2006 (AFP) - La police fédérale brésilienne a arrêté vendredi soir Luiz Antonio Vedoin, organisateur du réseau de corruption de la "mafia des ambulances", alors qu'il tentait de vendre des documents mettant en cause les deux principales personnalités de l'opposition à quinze jours des élections générales, selon des sources policières.

 

Vedoin est soupçonné d'avoir négocié avec un entrepreneur, Valdebran Carlos Padilha da Silva, membre du Parti des travailleurs (PT) au pouvoir, et un avocat proche du PT, Gedimar Pereira Passos, la vente de documents supposés compromettants contre Geraldo Alckmin, candidat à la présidence de la République contre Lula, et José Serra, favori à l'élection de gouverneur de l'Etat de Sao Paolo.

 

La police a confirmé à l'AFP que Vedoin avait été détenu pour "occultation de preuve" et qu'elle enquêtait "la vente présumée de preuves".

 

Selon la presse, Valdebran et Gedimar ont été arrêtés dans un hôtel de Sao Paulo, alors qu'ils étaient en possession de l'équivalent de 800.000 dollars en espèces, somme destinée selon la police à payer des photos et une video supposés compromettants pour Serra et Alckmin.

 

Ces arrestations interviennent alors que paraissent samedi dans la revue hebdomadaire Istoe des déclarations de Luiz Antonio Vedoin et de son père Darci, accusant José Serra d'avoir été directement impliqué dans le scandale de ventes surfacturées d'ambulances lorsqu'il était ministre de la Santé du précédent gouvernement, entre 1995 et 2002.

 

Une commission d'enquête parlementaire avait conclu au mois d'août à l'existence de preuves contre 72 parlementaires de tous bords dans le scandale. Vedoin père et fils, étaient les patrons d'une entreprise, la Planam, dont l'objet était d'organiser la corruption à tous les niveaux: municipalités, Parlement et ministère de la Santé

 

Lors de sa déposition devant la Commission début août, Luiz Antonio Vedoin avait écarté toute participation de José Serra à la "mafia des ambulances".

 

Dès vendredi soir José Serra a qualifié l'affaire de "coup bas" contre sa candidature au poste de gouverneur. M. Alckmin a de son côté souligné qu'il n'y avait "aucune preuve". "C'est une accusation de veille d'élection", a-t-il estimé.

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