SAO PAULO, 24 oct 2006 (AFP) - Le président Luiz Inacio Lula da Silva et son adversaire social-démocrate Geraldo Alckmin se sont à nouveau affrontés sur les questions de corruption et les perspectives de croissance du Brésil, lors d'un débat télévisé avant l'élection présidentielle dimanche.

"Le gouvernement actuel est immobile en matière économique et actif en matière de scandales" a estimé lundi soir Geraldo Alckmin, qui a de nouveau attaqué durement son adversaire sur le terrain des affaires.

Lula a répliqué qu'"il n'y avait pas d'accusation (de corruption) qui ne fasse l'objet d'une enquête" sous son gouvernement "quoi qu'il en coûte à quiconque".

Lula et Alckmin arboraient tous deux un costume sombre, une chemise blanche et une cravate rouge pour ce troisième débat sur la chaîne Record.

Le président, dont le mandat depuis 4 ans a été émaillé de scandales de corruption, a indiqué un peu plus tard que son "rêve" était qu'"il y ait un jour au Brésil une opération +mains propres+ comme en Italie" contre la mafia.

"J'ai beaucoup de défauts mais je ne suis pas un voleur", a souligné de son côté Alckmin, estimant que "la fin ne justifie pas les moyens". "Aucun pays ne peut aller de l'avant avec la plaie de la corruption", a-t-il ajouté.

M. Alckmin a par ailleurs déploré la faiblesse de la croissance, accusant le gouvernement Lula de "détruire l'industrie brésilienne" en réaffirmant qu'il allait faire "baisser les impôts, les dépenses publiques et les taux d'intérêt afin que le Brésil croisse".

"J'aimerais que (l'économie) croisse davantage, mais la pauvreté a diminué de 19%" a répliqué Lula, soulignant qu'il souhaitait "une croissance longue et durable" de "cinq, six, 7% par an".

Le Brésil a connu en 2005 une croissance de 2,3%, le plus faible taux d'Amérique latine exception faite d'Haïti. Pour cette année, le marché table sur une croissance de 3%, au lieu de 3,5% selon la banque centrale et 4% selon le gouvernement.

Selon le dernier sondage de l'institut Ibope diffusé vendredi Lula devance de 24 points son adversaire et serait réélu dimanche avec 62% des suffrages exprimés contre 38% à Alckmin.

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