Le Brésil, seul candidat à l'organisation de la Coupe du monde 2014, va officiellement présenter son dossier mardi au siège de la Fédération internationale à Zurich: cette première démarche administrative permettra d'entrevoir ce que les Brésiliens veulent faire de la "Copa-2014". "Même si le Brésil est l'unique candidat, il n'a pas encore obtenu l'organisation du Mondial-2014", répète-t-on inlassablement à la Fifa. Mais la Colombie, qui était le seul autre pays sur les rangs, s'est retirée de la course en avril.

Il faudrait donc une incapacité brésilienne ou un dossier folklorique pour que le pays du football n'organise pas un événement qu'il attend depuis 1950 et une défaite qu'il aimerait effacer de sa mémoire collective (défaite contre l'Uruguay lors du dernier match). Mardi, la délégation brésilienne présidée par l'indéboulonnable président de la Fédération (CBF) Ricardo Teixeira, incluant notamment l'écrivain à succès Paulo Coelho et le buteur Romario, va déposer les garanties réclamées par la Fifa pour organiser un Mondial. Le cahier des charges de l'organisme mondial comprend pas moins d'une centaine d'obligations allant de garanties du gouvernement brésilien sur le travail temporaire ou les transports à des promesses sur les stades.

Le président brésilien Lula a signé en grande pompe tous les documents nécessaires en juin et affirmé: "Je suis certain que le Brésil va offrir un show (en 2014) non seulement dans la préparation de ses stades mais aussi pour les infrastructures". Les stades, c'est justement un des casse-tête des organisateurs dans un pays continent. Tout le Brésil ou presque (22 villes ont posé leur candidature) veut accueillir des rencontres. Dans un pays au fort déficit public et à la corruption endémique, la CBF a fait savoir qu'elle voulait privilégier l'utilisation de fonds privés chargés d'investir pour ensuite récupérer leur mise.

Un voeu pieu alors que la majorité des stades du pays, s'ils ont de grandes capacités, n'en sont pas moins vétustes... Sur les 22 villes candidates, seules la moitié ou en peu plus (entre 10 et 18 villes hôtes, mais probablement 12) seront choisies. Rio de Janeiro accueillera forcément des matches, mais la question est de savoir si l'on va rénover le mythique Maracana pour le Mondial ou adapter le tout nouveau stade "Engenhao" (Engenho de Dentro), inauguré pour les Jeux panaméricains Rio-2007 qui viennent de se terminer et on été une réussite au plan de l'organisation comme de la sécurité. Une short list circule dans la presse brésilienne. Sao Paulo et le Morumbi accueilleraient le match d'ouverture. Brasilia, Belo Horizonte, Curitiba, Florianopolis, Goiania et Porto Alegre paraissent incontournables.

La CBF voudrait également construire quatre nouveaux stades pour doter le nord-est du pays (plutôt pauvre) d'infrastructures nouvelles. Salvador, Recife mais aussi Maceio ou Natal pourraient donc voler la vedette à des villes où le football est plus présent. Belém pourrait figurer dans la liste mais les candidatures de Campo Grande, Cuiaba, Fortaleza, Manaus et Rio Branco paraissent vouées à l'échec. Le Brésil, qui veut également obtenir les jeux Olympiques 2016 à Rio, espère en tout cas réaliser une sorte de Grand Chelem pour amortir ses investissements comme Munich (Coupe du monde 74 et JO-72) ou Mexico (JO-68 et Mondial 70) avant lui.

Paru dans www.7sur7.be
Le 31/07/07
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