L'Afrique du Sud, l'Inde et le Brésil réunis en sommet
17 oct. 2007
Les dirigeants d'Inde, Afrique du Sud et Brésil, Manmohan Singh,Thabo Mbeki, Lula Da Silva.
Les dirigeants d'Afrique du Sud, du Brésil et d'Inde sont réunis cette semaine en sommet pour renforcer la coopération de ces trois puissances
émergentes, déterminées à parler d'une seule voix sur la scène mondiale. Le président sud-africain Thabo Mbeki reçoit mercredi à Pretoria son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et le
Premier ministre indien Manmohan Singh, à l'occasion de ce deuxième sommet Inde-Brésil-Afrique du Sud (IBSA).
Tous trois s'étaient rencontrés l'an dernier à Brasilia pour concrétiser cette alliance, lancée en 2003 afin de promouvoir les échanges entre
ces géants du sud et défendre les positions des pays en développement sur la scène internationale. "Cette alliance donne de la substance au dialogue sud-sud (...) Les voix de ces trois pays
réunis ne peuvent être ignorées quand il s'agit de questions globales", a affirmé Jerry Matjila, directeur général adjoint du ministère des Affaires étrangères sud-africain.
Soulignant leur "synergie", il a précisé que "ces trois pays comptent plus de 1,3 milliard d'habitants (...) et leurs économies réunies pèsent
près de deux trillions de dollars". "Ces trois pays ont en commun leurs vibrantes démocraties, des idées communes sur la plupart des questions internationales importantes et sont des acteurs de
premier plan dans les économies de leur sous-région", a-t-il ajouté lors d'un point presse avant le sommet. Un responsable du ministère des Affaires étrangères brésilien, Roberto Jaguaribe,
interrogé à Brasilia, a estimé pour sa part qu'ils peuvent "être les porte-parole de l'aspiration des pays en développement à un équilibre et à une meilleure équité dans les relations
internationales".
"Les trois peuvent légitimement représenter cette position", a-t-il ajouté, de part leurs points communs de pays "multiculturels,
multiethniques et pluralistes". "L'IBSA est un forum unique qui réunit trois grandes démocraties de trois continents différents, avec des défis communs", a ajouté un responsable indien à New
Delhi, sous couvert d'anonymat. Plusieurs accords doivent être signés à Pretoria, en particulier dans les secteurs de l'éducation, de l'énergie et des technologies d'information. La défense des
intérêts des pays émergents au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la réforme de l'Onu - où chacun revendique un siège permanent au Conseil de sécurité - et les changements
climatiques devraient être au centre des entretiens.
Les échanges commerciaux entre l'Afrique du Sud et le Brésil se sont élevés à 16 milliards de rands (environ 2,37 milliards USD - 1,6 milliard
EUR) en 2006, de même entre l'Afrique du Sud et l'Inde. "Nous avons encore beaucoup à faire pour pénétrer le marché brésilien (...) Il y a un énorme potentiel sur le marché indien", a admis M.
Matjila, soulignant la nécessité de "supers autoroutes aériennes et maritimes entre l'Afrique du Sud, l'Inde et le Brésil", thème de l'un des séminaires préalables au sommet.
Mbeki, Lula et Singh devraient en outre discuter de la possibilité d'un accord de libre-échange entre l'Inde, le Mercosur (Argentine, Brésil,
Paraguay, Uruguay et Venezuela) et l'Union douanière d'Afrique australe (SACU - Botswana, Lesotho, Namibie, Afrique du Sud et Swaziland). Des entretiens préalables sont prévus mardi entre la
ministre des Affaires étrangères sud-africaine Nkosazana Dlamini Zuma et ses homologues brésilien et indien, au centre des congrès de Sandton, dans le nord de Johannesburg. Divers séminaires
permettront également aux trois délégations, qui comptent au total près de 200 hommes d'affaires, d'échanger contacts et points de vue, sur des thèmes tels que les bio-carburants et le nucléaire
civil. (afp)