A un mois de l'élection présidentielle Lula apparaît imbattable
09 sept. 2006Rio de Janeiro (AFP) - A un mois du premier tour de l'élection présidentielle le 1er octobre, le président Luiz Inacio Lula da Silva apparaît imbattable dans tous les sondages, fort de la bonne santé de l'économie et de ses programmes d'assistance aux plus pauvres.
Selon la dernière enquête de l'institut Sensus cette semaine, le président Lula serait réélu dès le premier tour avec 51,4% des intentions de vote, soit 62,3% des suffrages exprimés.
Le principal adversaire de Lula, le social-démocrate et ex-gouverneur de l'Etat de Sao Paulo, Geraldo Alckmin, ne recueille que 19,6% des intentions de vote. Un retard de plus de trente points que la plupart des observateurs jugent impossible à rattraper.
Heloisa Helena, la sénatrice dissidente de gauche du Parti des Travailleurs (PT) au pouvoir, qui semblait à un moment en mesure d'aider à provoquer un deuxième tour est maintenant créditée de 8,6% des intentions de vote, après avoir dépassé les 12% un mois auparavant.
"La principale raison de la problable réélection de Lula est qu'un vaste secteur de la population -les plus pauvres- qui ne votaient pas pour Lula parce qu'ils le pensaient incapable d'assumer un poste de cette importance, votent maintenant pour lui", a dit mercredi à l'AFP le ministre des Relations Institutionnelles Tarso Genro.
"Grâce à ses résultats, à ses programmes sociaux, à son image positive à l'étranger, les couches populaires s'identifient maintenant à un Lula qui les valorise à leurs propres yeux : je vote pour Lula parce qu'il est comme moi", selon le ministre.
Il y an, la réélection de Lula semblait pourtant compromise par les scandales de corruption touchant de plein fouet son Parti des travailleurs. Ces affaires avaient entraîné la démission de son bras droit au sein du gouvernement, José Dirceu et la démission des principaux responsables du parti.
Le président avait été contraint de demander "pardon" au peuple brésilien tout en assurant qu'il avait été "trahi".
Un an après, la stratégie du "cordon sanitaire" mis en place autour de Lula pour le protéger des scandales touchant le PT et une bonne partie du Parlement, semble avoir porté ses fruits.
La bonne santé de l'économie a aidé à protéger le président. Avec une inflation maîtrisée, une santé budgétaire retrouvée et un risque pays au plus bas, le président brésilien peut se prévaloir d'un climat économique particulièrement favorable.
Pour le sociologue Helio Jaguaribe, proche de l'opposition social-démocrate, les programmes d'assistance aux pauvres sont aussi l'autre raison de l'envolée de Lula dans les sondages. Selon lui, les 11 millions de familles bénéficiant du programme Bourse famille, sont persuadées que "Lula fera encore mieux lors d'un second mandat".
"Les critiques contre le gouvernement Lula, sa complicité avec des personnalités corrompues du PT, tout ce qui se dit contre Lula, devient secondaire", analyse Jaguaribe.
Malgré la bonne santé de l'économie, certains secteurs industriels critiquent le gouvernement pour le maintien de taux d'intérêts élevés qui freinent les investissements à la production.
"Les petites et moyennes entreprises sont en train de faire faillite mais les grandes entreprises et les banques n'ont jamais fait autant de bénéfices", selon Maurice Costin, directeur du Centre des industries de Sao Paulo (Ciesp).
Cet industriel "qui votera Alckmin parce qu'il est honnête et a fait un très bon gouvernement à Sao Paulo" reconnaît toutefois que le candidat de l'opposition "manque de charisme".