Amnesty demande aux candidats aux élections d'octobre de freiner la violence
09 sept. 2006BRASILIA, 5 sept 2006 (AFP) - Amnesty International a demandé mardi aux candidats à la présidence et aux gouvernements des Etats fédérés du Brésil d'élaborer des politiques pour réduire la violence qui a connu une recrudescence au cours des derniers mois à Sao Paulo.
"L'expérience d'Amnesty dans d'autres parties du monde montre qu'il n'existe de sécurité publique que lorsque l'Etat de droit est respecté et que la justice est à la disposition de tous", a affirmé la secrétaire générale d'Amnesty Irene Khan dans une vidéo et une lettre ouverte envoyées à tous les candidats aux élections générales du 1er octobre. Le film montre des témoignages de victimes de violences policières dans les quartiers pauvres mais retrace aussi la situation d'abandon dans laquelle se trouvent la police et de la justice. Amnesty demande un plan d'action national à long terme basé sur une surveillance policière qui respecte les droits de l'Homme, un programme pour réduire drastiquement les homicides commis par des policiers et le renfort du contrôle du trafic d'armes. L'organisation souligne que des facteurs tels que la pauvreté, la discrimination et la négligence de l'Etat créent un climat où les abus des droits de l'Homme deviennent chose banale. Elle demande qu'on en finisse avec les patrouilles policières répressives dans les favelas. Amnesty relève l'augmentation de la présence policière publique et privée dans les quartiers de la classe moyenne, tandis que les communautés pauvres sont prises dans un cycle de violence. La violence a pris des aspects de guérilla au cours des dernières années avec les affrontements entre bandes rivales de trafiquants dans les favelas de Rio et les attaques lancées au cours des derniers mois à Sao Paulo contre des cibles civiles et militaires par le Premier Commando de la Capitale (PCC). L'organisation criminelle contrôle le trafic de drogue depuis les prisons. Ses offensives se sont soldées par 180 morts dont une quarantaine de policiers.