Augmentation du trafic criminel aux frontières du Brésil
15 oct. 2006BRASILIA, 12 oct 2006 (AFP) - Les activités du crime organisé se sont développées le long des frontières terrestres du Brésil depuis l'entrée en vigueur en 2004 d'une loi permettant d'abattre en plein vol les petits avions clandestins des trafiquants.
"Avec l'entrée en vigueur de cette loi, le trafic de drogue et d'armes a migré vers les voies terrestres et spécialement à la frontière entre le Brésil et le Paraguay", a déclaré à l'AFP le député Paulo Pimenta, auteur d'un projet de rapport de la Commission parlementaire d'enquête (CPI) sur le Trafic d'Armes.
Selon Pimenta, la surveillance policière est "très mauvaise" le long des 1.700 km de frontière entre le Brésil et le Paraguay. Cette situation a encouragé certains groupes du crime organisé à établir des bases de soutien logistique au Paraguay, en Colombie et en Bolivie.
Pimenta a souligné par ailleurs que la principale organisation criminelle basée dans les prisons de Sao Paulo, le Premier Commando de la Capitale (PCC), se créait actuellement des ramifications en Colombie, en Bolivie, au Paraguay, en Uruguay et en Argentine. Le PCC a été à l'origine d'une vague d'attaques contre des cibles civiles et militaires qui s'étaient soldées par 180 morts dans l'Etat de Sao Paulo en mai dernier.
"Des fugitifs brésiliens se réfugient dans ces pays et il y a des liens établis avec l'Argentine et l'Uruguay pour faciliter l entrée d'armes et de munitions au Brésil", a déclaré le parlementaire.
Selon lui, le PCC utilise les armes et la drogue comme monnaie d'échange avec le banditisme des pays voisins.
"Un véhicule volé au Brésil peut avoir comme destination l'Uruguay ou le Paraguay. La pâte de coca se trouve en Bolivie ou en Colombie. Parfois les armes sont utilisées comme monnaie pour acheter la drogue (..) Cela fait que les organisations acquièrent des caractéristiques internationales", a souligné Pimenta.
Le rapport de la CPI auquel l'AFP a eu accès recommande que le crime organisé ainsi que le "terrorisme criminel" soient punis en tant que tels dans la loi brésilienne.
"Le Brésil ne dispose pas d'une loi spécifique contre le crime organisé comme celle qui existe en Colombie, en Espagne ou en Italie. S'il en avait une, il aurait des outils mieux appropriés pour le combattre", a estimé Pimenta, membre du Parti des travailleurs (PT) au pouvoir).
Il a rappelé que le Brésil devait se doter d'une loi de ce type pour respecter la Convention de l'ONU contre le banditisme international, ou la Convention de Palerme ratifiée en 2004 par le président Luiz Inacio Lula da Silva.
Cette convention oblige les pays signataires à lever le secret bancaire dans les enquêtes sur la corruption et le blanchiment d'argent et à faciliter les extraditions.