L'ex-président du PT a autorisé l'achat du dossier anti-opposition (presse)
15 oct. 2006BRASILIA, 11 oct 2006 (AFP) - L'ex-président du Parti des travailleurs (PT) au pouvoir au Brésil, Ricardo Berzoini, a donné le feu vert à l'achat d'un dossier anti-opposition avant d'être démis de ses fonctions, a révélé mercredi la presse brésilienne, citant des sources proches de l'enquête.
Le commissaire de la Police Fédérale chargé de l'affaire, Diogenes Curado, a indiqué aux députés qui enquêtent sur un scandale d'achat d'ambulances surfacturées que M. Berzoini était le véritable maître d'oeuvre de l'opération, selon les quotidiens Correio Braziliense et Estado de Minas publiés mercredi.
"Non seulement Berzoini connaissait la tractation (d'achat du dossier) mais c'est lui qui a donné le feu vert pour que le parti rassemble 1,7 million de reals (800.000 dollars) pour conclure l'affaire", écrit mercredi Estado de Minas.
"L'argent était illégal, en provenance d'une caisse noire avec diverses origines", a dit au Correio Brasiliense le député Julio Delgado, du Parti socialiste brésilien (PSB, allié du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva).
D'après le Correio Brasiliense, "L'opération avait déjà commencé fin août, avec la participation active de l'équipe de campagne du président Lula, dont le responsable était alors Ricardo Berzoini".
Le scandale du dossier a éclaté à quinze jours du premier tour des élections générales du 1er octobre, quand deux personnes liées au PT ont été arrêtées avec l'équivalent de 800.000 dollars destinés à acheter des documents censés impliquer les sociaux-démocrates Geraldo Alckmin et José Serra dans le scandale de la "mafia des ambulances".
M. Alckmin sera l'adversaire de Lula lors du second tour de l'élection présidentielle le 29 octobre. M. Serra a été élu au premier tour le 1er octobre comme gouverneur de l'Etat de Sao Paolo, le plus riche et le plus peuplé du Brésil.
M. Berzoini avait été destitué de ses fonctions de responsable de campagne de Lula et la semaine dernière il a démissionné de son poste de président du PT.
Alors que les accusations se précisent contre M. Berzoini, la pression s'est relâchée sur un proche de Lula, Freud Godoy, conseiller au Palais présidentiel: lors des interrogatoires de la police, Gedimar Pereira Passos, l'une des deux personnes arrêtées avec les 800.000 dollars, est revenu mardi sur de précédentes déclarations. Il a innocenté M. Godoy, affirmant qu'il ne l'avait cité lors de son premier interrogatoire que contre la "fausse promesse d'être libéré", selon Folha de Sao Paulo.
La Police Fédérale a indiqué néanmoins qu'il était prématuré d'exclure définitivement M. Godoy de l'enquête.
Le scandale du dossier anti-opposition a marqué les deux dernières semaines de la la campagne électorale pour le premier tour des élections et a été la cause, selon les observateurs, du ballottage de Lula, qui était auparavant donné largement vainqueur dès le premier tour.
Lula a obtenu 48,6% des voix contre 41,6% à Alckmin au premier tour. Dans un sondage publié mercredi par l'institut Datafolha, Lula est donné gagnant au second tour le 29 octobre avec 56% des suffrages contre 44% à Alckmin.