Menezes: la famille fait appel contre l'absence de poursuites individuelles
17 oct. 2006LONDRES, 16 oct 2006 (AFP) - La famille de Jean Charles de Menezes, le Brésilien tué par des policiers après les attentats de Londres en 2005, a fait appel lundi devant la Haute cour de justice de la décision du parquet britannique de ne pas poursuivre les agents responsables de sa mort.
"Cette procédure judiciaire vise à s'assurer que quelqu'un est tenu pour responsable du meurtre de sang-froid de Jean", a déclaré Alex Pereira, le cousin de l'électricien de 27 ans après le dépôt du recours par les avocats de la famille.
Le parquet britannique a décidé en juillet dernier d'engager des poursuites contre l'entité de Scotland Yard, mais il s'est refusé à poursuivre les policiers impliqués à titre individuel.
Scotland Yard a plaidé le 19 septembre non coupable dans la mort de Jean Charles de Menezes. Un procès devrait se tenir l'an prochain.
Les avocats de la famille ont également déposé deux autres recours devant la Haute cour de justice.
Le premier concerne l'ajournement de l'enquête légale sur les circonstances du décès de l'électricien de 27 ans, qui pourrait repousser à 2008 la publication de ses conclusions. Cette procédure d'investigation, spécifique à l'Angleterre et au Pays de Galles, vise à déterminer les causes d'un décès en cas de mort violente ou inexpliquée.
Le dernier recours porte sur la non-publication du rapport de la commission d'enquête indépendante de la police britannique (IPCC) sur les circonstances dans lesquels Jean Charles de Menezes a perdu la vie.
Pour Alex Pereira, "il est clair que l'IPCC (commission d'enquête indépendante de la police britannique) et le parquet tentent de cacher la vérité à tous. C'est l'ultime dissimulation", a-t-il accusé.
L'ensemble de ces recours doivent à présent être examinés par un juge unique.
M. de Menezes avait été tué le 22 juillet 2005 dans une station du métro de Londres par des policiers qui le prenaient pour un kamikaze. Ce drame avait eu lieu au lendemain d'une vague d'attentats manqués et deux semaines après les quatre explosions provoquées par des kamikazes dans les transports publics de la capitale britannique, qui ont fait 56 morts et 700 blessés.