RIO DE JANEIRO, 19 oct 2006 (AFP) - "Allô Bangu, Geraldo est arrivé!", hurle un haut-parleur pour annoncer l'arrivée du candidat d'opposition à la présidence du Brésil, Geraldo Alckmin, dans cette ville pauvre de la zone nord de Rio, un fief électoral du Président sortant, Luiz Inacio Lula da Silva.

Chemise blanche et pantalon beige impeccables, le "docteur" Geraldo est à peine descendu de son mini-bus que sympathisants et badauds l'entourent pour lui serrer la main ou lui faire la bise alors que des militants agitent des drapeaux à son effigie. "Allez-vous faire quelque chose pour Rio de Janeiro?", demande Maria Fatima à l'ex-gouverneur de Sao Paulo, qui tout sourire lui donne une accolade mais laisse sa question sans réponse.

 

 

Dans la rue piétonne du centre-ville de Bangu, les militants scandent le slogan de la campagne pour le second tour de la présidentielle du 29 octobre : "Pour un Brésil décent, Geraldo président!", une allusion aux scandales de corruption qui ont touché le Parti des Travailleurs (PT) de Lula.

 

 

 

 

"Je vais voter pour lui car il est médecin et à Bangu les hôpitaux sont abandonnés; il représente un espoir. Lula pour la réélection, non. A la fin il a laissé à désirer", déclare Mara.

 

 

 

 

Le maire de Rio, Cesar Maia, du Parti Front Libéral (PFL, droite) allié d'Alckmin suit le cortège en distribuant des tracts.

 

 

 

 

Régulièrement, sur le parcours, des habitants lancent des "Lula ! Lula de nouveau président!".

 

 

 

 

"Ce type (Alckmin) ne connaît que Sao Paulo", s'insurge Sergio, un retraité qui joue aux cartes avec des amis et regarde passer le cortège.

 

Le rituel du corps à corps s'achève au sommet d'un camion muni de hauts parleurs où Cesar Maia et Alckmin prennent la parole tour à tour.

 

"Ce n'est pas facile de gouverner avec un président (Lula) qui ne regarde pas Rio. Lula a massacré les retraités, il a pratiqué une économie où seuls les banquiers ont gagné de l'argent. A la TV il montre que tout est merveille mais c'est de la fiction!", affirme le maire de Rio.

 

 

La foule reste impassible aux déclarations du maire pas très populaire dans la région.

 

 

"Je viens vous demander un vote de confiance car le Brésil peut (faire) mieux", enchaîne Alckmin.

 

 

"J'ai trois engagements: un de nature éthique pour freiner la corruption et montrer qu'il est possible que politique et honnêteté aillent ensemble. Un second pour améliorer l'éducation et la santé et un troisième pour améliorer la sécurité publique", poursuit le candidat social-démocrate.

 

 

"Avec nous le Brésil va connaître la croissance et mettre les voleurs en prison", conclut-il.

 

 

A sa descente du camion, il remonte dans le mini-bus qui l'attendait et quitte Bangu où il a passé une heure et demie pour un prochain marathon.

 

 

"Dès qu'il va rentrer chez lui, il va prendre une bonne douche pour se laver du contact avec tous ces pauvres qui l'ont approché", dit Monique une jeune de 20 ans accompagnée de sa mère qui a assisté au discours."Moi je veux une faculté publique à Bangu où je puisse étudier gratuitement", lance-t-elle avant de partir.

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