Le G20 fait pression sur les pays riches pour une reprise du cycle du Doha
11 sept. 2006RIO DE JANEIRO , 10 sept 2006 (AFP) - Les pays émergents du G20 s'efforçaient, dimanche à Rio, de convaincre les poids lourds du commerce mondial (Etats-Unis, Europe et Japon) de relancer au plus vite le cycle de négociations de Doha sur la libéralisation des échanges mondiaux.
Les vingt-trois membres du Groupe des 20 (G20), auxquels se sont joints quatre représentants de pays en développement plus pauvres, ont rencontré dimanche, séparément, la représentante américaine au Commerce Susan Schwab, le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson et le ministre japonais de l'Agriculture Shoichi Nakagawa afin de sonder leur état d'esprit sur les chances d'un redémarrage du cycle de Doha.
Les négociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ont été suspendues sine die en juillet à l'issue d'une réunion infructueuse entre six grands acteurs des échanges mondiaux.
La négociatrice américaine a envoyé un message apaisant, juste avant sa rencontre dans un palace de Rio avec les vingt-sept pays en développement réunis depuis samedi, en se déclarant "très enthousiasmée par la possibilité de faire aller de l'avant le cycle de Doha".
"Il est toujours temps de ressusciter les négociations si la volonté politique est là", a indiqué aux journalistes Mme Schwab. "Nous avons plusieurs mois devant nous pour trouver s'il existe des convergences entre les principaux acteurs" des négociations.
"Nous ferons ce qu'il faut", a assuré la responsable américaine, rappelant l'engagement du président George W. Bush en faveur d'un succès du cycle de Doha.
Les partenaires de Washinton accusent l'intransigeance américaine concernant la réduction des subventions intérieures à l'agriculture d'être responsable du blocage des négociations.
"La position du Brésil est claire, sans une réduction substantielle des subventions internes des Etats-Unis, le cycle ne sera pas conclu", a estimé l'hôte de la réunion, le ministre brésilien des Affaires étrangères Celso Amorim dans un entretien publié par le quotidien O Estado de Sao Paulo.
De son côté, le commissaire européen a estimé qu'un échec du cycle de Doha serait "proche d'une attitude criminelle et profondément irresponsable", dans un entretien avec le même quotidien.
M. Mandelson s'est montré confiant dans une amélioration des propositions américaines sur l'agriculture. "La logique veut que les Etats-Unis améliorent leur offre de réduction des soutiens intérieurs", a-t-il estimé.
Tous les négociateurs de l'OMC sont conscients qu'une reprise des négociations est impossible avant les élections législatives à mi-parcours en novembre aux Etats-Unis, même si Mme Schwab a réaffirmé à Rio que cette échéance n'aurait "aucun impact" sur les pourparlers.
Samedi, les vingt-sept pays émergents ou en développement réunis à Rio s'étaient déclarés prêts à reprendre "immédiatement" les négociations et avaient appelé les pays riches à ouvrir davantage leur marché aux produits agricoles.
"Cette réunion offre une occasion unique de remettre le cycle de Doha sur les rails", selon le chef de la diplomatie brésilienne, qui devait rencontrer en tête-à-tête dans l'après-midi les négociateurs américain, européen et japonais, après la fin de la réunion élargie du G20.
Le Brésil, principal animateur du G20 avec l'Inde, veut placer "à l'avant-garde" du processus de reprise des négociations de l'OMC ce groupe de pays, qui plaide pour la fin des subventions agricoles et des barrières aux importations dans les pays développés.