PERPIGNAN (France), 10 sept 2006 (AFP) - "Olhares do Morro", une ONG brésilienne présentée au Festival international du photojournalisme à Perpignan (France), offre aux habitants des favelas de Rio de Janeiro l'opportunité de livrer leur propre regard sur leur univers.

"Olhares do Morro" signifie "regards, visions du morne, de la colline", explique son responsable et fondateur, le photojournaliste Français Vincent Rosenblatt, au 18e Visa pour l'Image.

 

 

Le Morro, indique-t-il à l'AFP, équivaut à "favela" dans la langue parlée de Rio, par association avec l'implantation de ces quartiers sur les pentes abruptes qui dominent les quartiers nobles de la ville basse.

Né en 1972, ce jeune Français a connu le Brésil dans le cadre d'un échange avec les Beaux-Arts de Paris, où il étudiait. Séduit par le pays, il décide de s'y installer.

En 2002, il lance le projet dans la communauté de Santa Marta, implantée dans le quartier de Botafogo.

Pour lui, la majorité des médias renvoie des favelas une image de violence qui "creuse l'écart entre la ville noble" et la population de ces quartiers miséreux, "aliénée par l'image qu'on lui renvoie".

Il s'agissait donc "que les jeunes gens s'approprient la photographie".

Et, "après les deux premières années, chacun s'est identifié à quelque chose à fond", autour de plusieurs thèmes: vie nocturne, désirs et amours adolescents, communauté des travestis, culture matérielle des favelas.  

Vincent Rosenblatt n'enseigne pas la photo mais fait parfois obtenir aux jeunes protégés de l'ONG des bourses dans des écoles de photographie. Son souci, explique-t-il, est "d'accompagner individuellement le travail de chacun, de les aiguillonner, d'aider à la maturation de leur sujet".

 

La vente des images constitue une base de revenus: 60% sont reversés à l'auteur et 40% à l'association, réinvestis dans la production, l'acquisition de matériel et dans l'enseignement.

Les photos d'"Olharres de Morro" ont été publiées dans Courrier international, Le Monde 2, hors-série Match. Les auteurs gagnent de 100 à 250 dollars par photo, selon les journaux. "En un clic, ils touchent plus qu'un salaire minimum" au Brésil, résume-t-il .

Malgré une reconnaissance institutionnelle, l'organisation manque toujours de fonds et accepte des dons de matériel photographique. 

"Olhares do Morro", installée à présent dans le centre historique de Rio, dans le quartier de Lapa, compte un réseau d'une quinzaine de photographes issus de six favelas.

Des projections sont organisées deux fois par an dans les favelas et plusieurs expositions dans le pays ont témoigné de son travail.

Une "installation multimédia" a par ailleurs été présentée aux rencontres photographiques d'Arles en 2005, dans le cadre de l'Année du Brésil en France.  

Un site (www.olharesdomorro.org) relie les communautés et présente archives et recherches visuelles.  

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