RIO DE JANEIRO, 10 sept 2006 (AFP) - Un échec du cycle de négociations commerciales de Doha serait "criminel" et "irresponsable", estime le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson dans un entretien publié dimanche par le quotidien brésilien O Estado de Sao Paulo.

Un échec du cycle de Doha serait "proche d'une attitude criminelle et profondément irresponsable", estime M. Mandelson.

Le commissaire européen rencontrait dimanche matin à Rio les représentants des pays émergents du Groupe des 20 (G20) et de quelques pays en développement pour tenter de relancer les négociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) suspendues fin juillet. Dans la foulée, les représentants des pays en développement devaient s'entretenir avec le ministre japonais de l'Agriculture Shoichi Nakagawa et la représentante américaine au Commerce Susan Schwab.

Selon le quotidien, M. Mandelson a réaffirmé l'offre faite par l'Union européenne en matière d'accès à son marché pour les produits agricoles bien que les Etats-Unis et d'autres partenaires de l'OMC n'aient pas fait de propositions "à la hauteur" des concessions européennes.

En juillet dernier l'UE avait proposé une réduction en moyenne de ses droits de douane sur les produits agricoles de l'ordre de 51,5%.

M. Mandelson s'est montré confiant dans une amélioration des propositions américaines sur l'agriculture. "La logique veut que les Etats-Unis améliorent leur offre de réduction des soutiens intérieurs à l'agriculture non seulement parce qu'ils sont engagés dans le cycle mais en raison de la nécessité interne de réformer leur politique agricole", estime-t-il.

Le commissaire européen a fait valoir que l'UE avait procédé à une réforme "très douloureuse" de sa politique agricole commune. "Gérer cela politiquement n'est pas facile. Je comprends la position des Etats-Unis", indique M. Mandelson. "Mais il n'y a pas d'alternative à une réforme", poursuit-il.

"Nous ne pouvons soutenir un système de commerce international avec des distorsions aussi grossières à travers des subventions et des barrières tarifaires qui sont tout simplement trop élevées. Ce n'est ni juste, ni soutenable, ni justifiable ni équitable", a-t-il dit.

 

 

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