Lula: la Bolivie va geler la prise de contrôle des raffineries Petrobras
15 sept. 2006BRASILIA, 14 sept 2006 (AFP) - Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a annoncé jeudi que le gouvernement bolivien avait décidé de geler la prise de contrôle des deux raffineries de la compagnie brésilienne Petrobras, jugée "inacceptable" par le gouvernement brésilien.
"La décision (...) a déjà été gelée", a indiqué Lula lors d'un entretien télévisé.
"J'ai demandé à mon conseiller spécial Marco Aurelio (Garcia) d'appeler le vice-président de Bolivie (Alvaro García Linera), qui revenait des Etats-Unis et il a informé Marco Aurelio qu'il allaient geler la mesure, parce que tout ce qui concerne Petrobras doit être négocié avec le gouvernement (brésilien)" a indiqué le chef de l'Etat brésilien.
Le gouvernement bolivien, qui veut nationaliser le secteur des hydrocarbures, avait annoncé qu'il allait prendre le contrôle des deux raffineries de Petrobras sans verser de compensations en mettant en avant les profits "inadéquats et irrationnels" réalisés par la compagnie.
Auparavant le président de Petrobras, Sergio Gabrielli, avait indiqué, au cours d'une conférence de presse, qui la compagnie était prête à abandonner ses activités de raffinage en Bolivie si le gouvernement de La Paz maintenait sa décision, soulignant qu'elle utiliserait tous les moyens légaux pour obtenir satisfaction.
"Nous ne souhaitons pas rester (en Bolivie) comme de simples prestataires de services", a-t-il ajouté, ajoutant que Petrobras avait investi quelque 100 millions de dollars dans ses deux raffineries boliviennes.
"Si nous n'arrivons pas à modifier (la résolution), nous ferons appel aux traités de protection des investissements entre la Bolivie et les Pays-Bas, siège de la filiale de Petrobras en Bolivie", a-t-il ajouté.
"Petrobras sortira de Bolivie de la même façon qu'il y est entré, de façon légale. Je n'accepterai pas d'être expulsé de Bolivie", a encore déclaré M. Gabrielli.
Le ministre brésilien de l'Energie, Silas M. Rondeau, avait de son coté qualifié la décision bolivienne "d'inacceptable", estimant toutefois qu'elle pouvait être "modifiée ou révoquée".
Ce regain de tension entre Brasilia et La Paz survient après cinq mois de négociations sur les conséquences de la nationalisation des hydrocarbures annoncée le 1er mai par la Bolivie.
M. Gabrielli a assuré que les tensions à propos des raffineries n'avaient "absolument rien à voir" avec les négociations en cours sur le prix du gaz bolivien. La Paz tente d'obtenir un relèvement du prix du gaz vendu au Brésil qui importe quelque 25 millions de m3 par jour de gaz naturel bolivien afin de couvrir la moitié de sa consommation.
MM. Rondeau et Gabrielli ont annulé jeudi leur départ pour la Bolivie où ils devaient poursuivre vendredi les négociations sur les conséquences de la nationalisation des hydrocarbures boliviens. Un nouveau rendez-vous a été fixé au 9 octobre, selon un communiqué du ministère.