Le "travail-esclave" en recul selon l'OIT
24 nov. 2006Un rapport de l'OIT (Organisation Internationale du Travail) remis aujourd'hui à Brasilia affirme que le Plan National de lutte contre le Travail-esclave, décidé en 2004, a été correctement mis en oeuvre. Près de 80% des 76 mesures prévues ont été suivies d'effet. Selon ce document, le Brésil a progressé pour ce qui est de sensibiliser et former les professionnels qui combattent cette pratique, et faire prendre conscience aux travailleurs de leurs droits. Les contrôles sont aussi plus nombreux, ce qui a permis une forte augmentation des libérations de travailleurs-esclaves.
Malgré tout, beaucoup reste à faire, surtout dans le domaine judiciaire: jouant sur les lois mal faites et les conflits de compétences entre les tribunaux fédaraux et d'états, les fazendeiros "esclavagistes" jouissent d'une complète impunité. Aucun n'a encore été condamné à de la prison pour ces faits.
Le travail-esclave au Brésil est une réalité proche de la Guyane: c'est en Amazonie, et surtout dans le Pará, que l'on rencontre le plus de cas. Des cinq municipalités où ont été libérées le plus de travailleurs-esclaves, quatre sont du Pará. Dans la seule commune de São Félix do Xingu, dans l'intérieur de l'état, 277 travailleurs ont été libérés lors de 19 opérations, en 2004 et 2005. (Agência Brasil)
Le "travail-esclave" au Brésil est défini par le fait que l'employeur oblige ses employés à s'endetter pour s'équiper en outils de travail, leur fait payer logement et nourriture sommaires sur la fazenda à des prix très élevés, de façon à ce que le travailleur ne perçoivent jamais son salaire et s'endette toujours plus envers le patron.