BRASILIA, 20 oct 2006 (AFP) - Le président Luiz Inacio Lula da Silva a mis en cause jeudi soir son concurrent social-démocrate Geraldo Alckmin à propos de la vague de violence du crime organisé intervenue cette année dans l'Etat de Sao Paulo, lors du second débat télévisé entre les deux candidats à la présidence de la République.

Geraldo Alckmin, gouverneur de l'Etat de Sao Paulo au cours des dernières années, a déclaré qu'il avait rempli son rôle en matière de sécurité publique, mais que "derrière les questions de sécurité il y a le trafic de drogue", une question sur laquelle le gouvernement fédéral avait été "négligent".

C'est à ce moment que Lula a lancé une pique ironique : "Pour l'amour de Dieu, que le peuple de Sao Paulo ne vous entende pas, parce qu'il va penser qu'il va y avoir un PCC dans tout le Brésil", une référence au "Premier commando de la capitale" l'organisation du crime organisé qui contrôle le trafic de drogue depuis les prisons de l'Etat de Sao Paulo.

Le PCC a lancé cette année dans cet Etat une violente offensive qui a fait quelque 180 morts dans l'Etat le plus peuplé et le plus riche du Brésil.

Alckmin a répliqué en soulignant qu'il n'y avait "aucun leader du crime organisé qui n'était pas en prison, alors que les criminels en col blancs sont en liberté", une allusion aux scandales de corruption qui ont atteint le gouvernement Lula et le Parti des travailleurs (PT) au pouvoir.

Le candidat de l'opposition, qui affrontera le président Lula lors du second tour de l'élection présidentielle le 29 octobre, a de nouveau exigé des explications sur le scandale de la tentative d'achat par le PT d'un dossier prétendument compromettant pour l'opposition et estimé que la corruption du gouvernement Lula était "endémique".

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