BUENOS AIRES, 19 oct 2006 (AFP) - Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva est en train de "détruire son symbole", a estimé, jeudi à Buenos Aires, Fernando Henrique Cardoso, son prédécesseur à la tête du Brésil.

 

Lula "a toujours été un symbole mais il est devenu un homme politique quelconque", a affirmé l'ex-chef d'Etat (1995-2002) lors d'une conférence de presse destiné aux correspondants étrangers.

 

Selon Cardoso, l'ancien métallurgiste, candidat du parti des travailleurs (PT, gauche), a "perdu de la hauteur politiquement" en se préoccupant uniquement de sa réélection.

 

Contraint à un ballottage avec 48,6% à l'issue du premier tour, Lula devra affronter au second, le 29 octobre, Geraldo Alckmin, candidat du parti social-démocrate brésilien (PSDB, droite) auquel appartient Cardoso.

 

"Lula agit comme quelqu'un qui ne respecte pas sa trajectoire et il donne l'impression de ne pas respecter son histoire", a insisté Cardoso, en rappelant les origines humbles du président qui a débuté sa carrière politique comme leader syndical dans l'état de Sao Paulo.

 

"Lula ne parle plus des travailleurs. Il parle des pauvres, comme en parlaient les riches du Brésil", a encore dénoncé l'ex-président, affirmant que son gouvernement représentait "davantage une continuité qu'une rupture".

 

Selon lui, le PT, qui trouve son origine dans les luttes syndicales des années 80, "s'est adapté aux mécanismes traditionnels" de la politique brésilienne.

Evoquant les scandales de corruption qui ont éclaboussé le PT, Cardoso a également critiqué les "méthodes inacceptables" utilisées par le gouvernement pour conclure des alliances avec les "partis les plus arriérés de la politique".

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