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Brésil Ceara Fortaleza

Fortaleza-Juazeiro do Norte

 
Voyage 2004 :
nous n’étions restés que deux semaines lors de notre dernier séjour en décembre 2002.
Cette fois-ci, pour notre 7ème voyage, nous restons un mois !
Le programme est assez chargé.
Pour ce voyage, nous avons décidé d’aller voir de plus près à quoi ressemble le
fameux pèlerinage du Padre Cicero, dans le sud de l’état du Ceara à Juazeiro do Norte, le plus important pèlerinage du Nordeste.
De plus, Gilles doit faire une petite expo photos à l’Universidade sem Fronteiras. Université de partage de savoir dirigée par la femme de notre ami ethno-psychiatre, le fameux docteur Mourao.
Voilà donc en résumé où ce récit doit vous emmener…

Mardi 19 octobre 2004
Arrivée vers 20h à Fortaleza, longue attente pour les formalités policières, pas à cause de tracasseries administratives, mais de manque de personnel, un seul fonctionnaire de police pour s’occuper d’environ 300 personnes... Juste le temps de se mettre dans l’ambiance : on râle tout de suite, comme ça c’est fait, on se gratte, car les moustiques attaquent illico-presto ce bel arrivage de viande fraîche et on transpire, car malgré l’heure tardive et la clim et bien il fait plus chaud qu’à Paris ce matin.
Bertrand et Danielle, que nous avons « rencontrés » via le Net sont venus nous chercher, ils nous accompagnent à l’hôtel Ibis, notre point de chute habituel à Fortaleza. Vers 21h15 on prend possession de la chambre (117). On descend sur le bord de mer boire des bières pour fêter notre rencontre. On se couche vers 23h (soit 4h du matin en France).
Comme vous l’aurez remarqué, tout ceci est passionnant. Je continue ?
 
Mercredi 20 octobre 2004
Lever vers 7h, petit déjeuner pantagruélique dans l’immense salle du 2ème étage. La clientèle de l’hôtel est essentiellement composée de commerçants venus faire leurs achats à la capitale.
Une petite ballade à Iracema, quartier et âme de Fortaleza, pour se remettre dans l’ambiance.
Une autre façon de se remettre dans l’ambiance c’est de croire que parce qu’on vous a donné rendez-vous à une certaine heure, ce rendez-vous aurez lieu à l’heure donnée… donc, deux heures d’attente plus (et déjà un énervement perceptible), ce cher doctor Mourao arrive. Il nous accompagne à l’agence de location de voitures, adresse dégotée par sa fille, Bebell : la reine de la bonne affaire à Fortaleza !
Puis nous passons vite fait à l’UNISF et faisons un crochet vers une expo photos au Palacio do Governor.
C’est juste après, qu’en freinant, l’appareil photos de Gilles, qu’il avait posé sur la banquette arrière, a chuté lourdement sur le plancher, et a rendu l’âme !
ça commence bien !
Nous déjeuner chez Mourao de 14h à 15h, puis à 16h, nous sommes de nouveau à l’UNISF pour voir je ne sais quelle responsable, de je ne sais quel administration, qu’on attend jusqu’à 17h30 et qui n’est jamais venue.
Nous voici de retour à l’hôtel, où nous préparons pour aller dîner au restaurant Tia Nair. Après avoir bu une caïpirinha sur la terrasse près de la piscine, nous montons nous coucher et dormir assez rapidement, vers 23h, la fatigue du voyage est encore présente.

Jeudi 21 octobre 2004
Première chose ce matin, dès le petit déjeuner ingurgité, nous passons chez Paulo, un ancien élève, opticien, pour qu’il nous prête un tournevis, pour essayer de réparer l’appareil de Gilles. Mais il n’est pas là, l’employé nous propose de revenir plus tard. Une petite ballade à Beira Mar plus tard, nous repassons chez chez Paulo qui entre temps est ressorti, tout ceci paraît bien futile, mais montre bien la difficulté à communiquer dans ce pays, même en parlant parfaitement la langue… La langue n’est pas tout. Tant pis, nous retournons à l’hôtel pour libérer la chambre et régler la facture.
Nous voici à nouveau à l’UNISF, endroit que vous allez, comme nous, bientôt connaître par cœur. Nous avons rendez-vous avec Bebell qui doit nous accompagner à Prainha où la famille Mourao possède une maison, maison qu’on va nous prêter pour notre séjour.
Nous attendons environ 1h30, c’est la moyenne, 1h30-2h… Zilma, l’épouse de Mourao nous propose d’allez déjeuner chez sa belle-mère… A nos têtes, elle doit comprendre qu’on est ravis… Du coup elle change son programme et nous propose de manger un p’tit truc au snack de l’univeristé. Ce qu’on accepte et évidemment dès qu’on est servi : Bebell arrive !
Pas de soucis, après avoir avalé notre encas, nous voilà partis en direction de Prainha. On prend rapidement possession des lieux. Il s’agit d’un condominio, dans ce cas précis, un ensemble d’une petite vingtaine de maisons de plage avec un étage, comprenant une terrasse couverte, une entrée-salle de séjour donnant sur la cuisine et sur la buanderie qui elle même s’ouvre vers la partie lavoir à l’extérieur. A ce niveau, on trouve également une chambre avec sa salle de bains. Au premier deux chambres avec terrasse ainsi qu’une autre salle d’eau. Tout ça dans un périmètre ceint de hauts murs, surveillés 24h/24 par une équipe de vigiles.
Bebell nous présente aux vigiles afin qu’ils nous laissent aller et venir. Et justement on ne tarde pas à retourner à Fortaleza. Evidemment, on se perd pour aller au restaurant A Colher de Pau, la signalisation est si mauvaise que même en sachant parfaitement lire le portugais, on se perd souvent. Les panneaux sont souvent inexistants, soit l’argent pour les acheter a été détourné, soit on a « détourné » les panneaux pour renforcer le mur de sa baraque... Bref, on arrive pour déjeuner vers 16h.
Ensuite, on fait un saut au Marché Central, puis un arrêt chez Varejao das redes, le roi du hamac ! En face de la cathédrale, où on achète 4 hamacs (faut ce qu’il faut pour faire une bonne sieste !). N’oublions pas le kilo de noix de cajou. On dépose quelques centaines de pubs pour notre site de photos (www.aquiceara.com ) à l’office du tourisme du Marché Central.
Quelques courses de premières nécessités au supermarché Pao de Açucar. Puis retour à Prainha vers 18h30, la nuit est déjà bien noire. Mais je ne peux m’empêcher d’utiliser le lavoir, faire la lessive est rafraîchissant et me rappelle de bons souvenirs...
Une caïpirinha sur la terrasse et le sommeil ne tarde pas à nous cueillir dans nos beaux hamacs tout neufs !
Vendredi 22 octobre 2004
A 6 heures on est debout, comme le dit si bien le proverbe : une nuit dans un hamac et t’es d’attaque !
On petit déjeune sur la terrasse face à la mer en contrebas et à l’immense complexe touristique qu’est Beach Park, la papaye est parfaite. Le ciel est bleu, le soleil brille, que demander de plus.
En fin de matinée on décider d’aller déjeuner à Prainha, on se retrouve dans une paillote sur la plage. Il y a peu de monde et on en profite pour discuter avec une vendeuse de bijoux et d’objets d’inspiration satanique, c’est une Paulista qui trouve la vie bien tranquille dans le coin, par rapport à Sao Paulo, sûr que c’est pas la même vie.
On est en vacances et ça c’est pas trop dans nos habitudes, du coup on s’emmerde. Normalement, faut toujours qu’on fasse quelque chose, mais là on n’est pas aux pièces et on ne sait pas trop comment s’y prendre.
Un bon bouquin dans le hamac est une option plutôt intéressante, en attendant de retourner à Fortaleza pour dîner avec Danielle et Bertrand.
Une petite sieste plus tard, douche et hop, retour vers Fortaleza. On retrouve Danielle et Bertrand dans leur petit nid au 21ème étage. Petit ballade apéritive sur la Praça Portugal et on se rue dans le dernier endroit branché de la capitale Cearense le Dallas Grill. Un immense restau à ciel ouvert, très cher et très chiant, mais c’est l’endroit où il faut être vu en ce moment, alors, ne boudons pas notre plaisir.

Samedi 23 octobre 2004
Aujourd’hui on décide de passer à l’action, en prévision de notre voyage dans le sud. On va donc à l’aéroport pour se renseigner à propos des consignes. Il y en a des très grandes (mais j’ai oublié le prix, il me semble me souvenir que ça revient assez cher sur une longue période).
Une petite altercation avec la chargée du tourisme nous met en colère. Ça plus l’attente de l’organisation de l’expo et l’ambiance est chaude. On déjeune vers 10h45 (!) dans une lanchonete près du Pao de Açucar.
Puis on décide d’aller à Pirambu (Pirambu est LA favela de Fortaleza, c’est aussi la deuxième plus grande du Brésil, après celle de Rocinha à Rio), faire une expo sauvage. Pour voir comment réagissent les gens. Une sorte d’avant première en direct. Sorti de la grande avenue, ça devient compliqué de s’orienter dans ce labyrinthe de ruelles qui n’ont pas toujours un nom. On décide de se garer et de continuer à pied.
On arrive avec notre matériel photo et vidéo ainsi qu’avec les photos. Des mères de familles nous disent de faire attention… On sait bien qu’on est ici à nos risques et périls, mais bon, on assume (évidemment je déconseille à quiconque de faire ça seul, sans un minimum d’assurance et une parfaite connaissance du portugais).
Gilles pose le caméscope. Des nuées d’enfants nous fondent dessus et on improvise une séance photo. Un môme visiblement un peu attardé décide de prendre les opérations en main et constitue des petits groupes pour plus de coordination. De jeunes garçons viennent me taper sur l’épaule pour que je vienne les photographier devant le bar de leur copain. Je mitraille et je m’éclate ! J’ai l’impression de faire quelque chose de bien, qu’ils sont vraiment contents qu’on s’intéressent à eux autrement qu’à travers les chiffres de la délinquance, de la misère et de toutes les tares dont on affuble les pauvres. Quelle joie !
On a du mal à s’en aller, on en a toujours oublié un !
On retrouve enfin le chemin de 4 Varas*, mais comme c’est samedi, il ne s’y passe rien. Tant pis.
*lire : Pirambú et les Quatro varas : la favela, un monde à part
On revient tranquillement vers la voiture. On s’arrête discuter. Un papy m’entraîne vers sa maison en chantier, il veut absolument que je visite, il est en train de faire des chambres pour accueillir des touristes, ben pourquoi pas ?
Un père pose avec sa fille. Un réparateur de vélos me demande pour quelle boîte on bosse. Je lui explique, il me dit qu’il va aller voir sur Internet. Si, si, il veut vérifier mes dires, il m’explique qu’il y a tellement de journalistes qui viennent là, qu’il voudrait bien voir ça quelque part.
On reprend notre route et je termine la séance photo par un groupe d’hommes en train de jouer au billard.
Je me sens revivre ! C’est ça que j’aime ! C’est pour ça que j’aime tant ce pays ! Pour des moments comme ça !
Retour vers le côté noble de la ville. D’autres scènes se jouent. On s’arrête boire un verre à Beira Mar, c’est la fin de l’après-midi, les baigneurs repartent, la soirée commence. On s’amuse beaucoup à regarder le manège d’une « jeune fille » qui essaye par tous les moyens d’attirer l’attention d’un touriste allemand, sans aucun résultat !
Après un rapide aller-retour à Prainha et nous voici installer à une table du très chic restaurant Al Mar. L’endroit est magnifique mais les prix sont très élevés pour le repas qu’on nous sert. Une petite balade digestive à la Feirinha (marché artisanal nocturne qui a lieu tous les soirs sur le bord de mer), on y rencontre Paulo (un vieux copain), on échange les dernières nouvelles et puis on rentre tranquillement à Prainha.