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Brésil Ceara Fortaleza

Le Brésil passe à la moto

Le marché brésilien des deux roues motorisés, quasi inexistant dans les années 90, croît aujourd’hui de 20% par an. La hausse des revenus permet à ceux qui jusqu’à présent n’avaient pas les moyens de s’offrir un véhicule, d’accéder au transport individuel motorisé en achetant une moto

 

Début 2007, 5 millions de motos étaient immatriculées dans le pays. A fin 2008, il devrait y en avoir 9 millions ! De 476.000 motos vendues en 1998, le marché est passé à 1,9 millions de ventes estimées pour 2008, avec un chiffre d’affaires total de 14 milliards de réais (5,8 milliards d’euros). Si le rythme de croissance se poursuit, d’ici 4 ans, il se vendra plus de motos que de voitures. La marque nationale Dafra, crée en janvier, surfe sur ce marché et elle est déjà la 4ème plus grosse du pays avec ses 224 concessionnaires, derrière les géants japonais historiques Honda, Yamaha et Suzuki. Les constructeurs chinois s’offrent eux aussi une bonne part du gâteau, à tel point que pour 2 des plus importants, Lifam et Jialing, le Brésil est maintenant la première destination des exportations. Pour le premier, le pays est passé de la 7ème place en 2007 à la 1ère en 2008 et pour le second, dont les motos sont vendues ici sous la marque Traxx, l’usine brésilienne est la plus importante des 3 implantées hors de Chine et elle devrait doubler sa production chaque année jusqu’à atteindre 200.000 unités.

Des motos qui coûtent de 1.250 à 75.000 euros

60% du marché est représenté par les modèles basiques, de 125cc maximum, et dont les prix sont situés entre 3.000 et 4.000 réais (1.250 à 1.700 euros). Si en 2007, les ventes ont surtout crû dans les villes du sud et du sud-est où la pauvreté avait le plus reculé, l’essentiel de la croissance vient maintenant du nord et du Nordeste, traditionnellement plus pauvres, où les salaires ont augmenté 3 fois plus vite que dans le reste du pays. En effet, ce sont les classes C et D* qui sont à l’origine de l’essentiel des ventes. Pour les Brésiliens des classes moyennes inférieures, la moto devient accessible grâce à l’augmentation des revenus et des offres de crédit. Pour beaucoup, qui n’ont pas encore le moyens d’acheter une voiture, c’est le premier véhicule.

Si à São Paulo, les motoboys** sont les principaux acheteurs de motos de 125 à 500cc, de plus en plus d’usagers troquent la voiture pour le 2 roues, le nombre de trajets réalisés à moto ayant quadruplé en 10 ans pour atteindre aujourd’hui 580.000 par jour, sans compter les trajets commerciaux réalisés par les motoboys.

Enfin, une infime part de marché (2%) est constituée par les motos dites "de luxe", soit les plus de 500cc qui en France, représentent 60% du marché. La croissance des ventes est elle aussi de 20% par an pour ces motos vendues ici plus de 2 fois plus cher que dans l’hexagone, comme par exemple la 600 Yamaha FZ6, modèle le plus vendu en France, qui se vend 36.000 réais (15.000 euros) et qui est donnée pour 6.500 euros en France. Les grosses cylindrées*** les moins chères débutent à 30.000 réais (12.500 euros) et la plus chère vendue au Brésil, la Ducati Desmosedici RR atteint 180.000 réais (75.000 euros). Les riches acheteurs de ces modèles ne les utilisent que très peu comme moyens de transport, mais plus comme objets de statut ou de loisir.

 

Laurent GUERINAUD. (www.lepetitjournal.com - São Paulo) mercredi 10 septembre 2008

 

http://www.lepetitjournal.com/content/view/30742/1189/

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